Migraaaants

Adaptation de la pièce de Matéi Visniec

A propos du recueil : il retrace l’itinéraire de ces réfugiés, de ces migrants, qui tentent de rejoindre l’Europe. Un parcours terrible, symbolisé par les quatre « A » du titre, comme pour pour mieux évoquer la longueur du voyage en mer qu’ils auront à vivre. A la lecture, on passe du rire aux larmes. Les émotions, multiples, fortes, se mélangent, se bousculent.

 

A propos de l’adaptation : nous avons fait une sélection et une adaptation des textes les plus grinçants, les plus drôles et les plus poignants. Ce spectacle, se veut comme un témoignage. Qui nous rappelle que aujourd’hui, plus que jamais, dans notre monde globalisé, nous sommes tous des migrants…

 

 

 

L'équipe du spectacle

Texte : Matéi Visniec

Adaptation : Bruno Abadie
Distribution : Madleen Martino (ou Chloé Rodriguez), Badradine Reguieg,  Silvia Rossini et Bruno Abadie

Création lumière : Antoine Dufour
Création sonore et musicale : Antoine Dermaut
Affiche, décor et accessoire : Marc Etiève
Mise en scène : Bruno Abadie

pour tout public à partir de 10 ans

durée : 1h25

Prochaines dates

14.02.2019

14:15

19.04.2019

14:15

19.04.2019

21:00

  • Critique La Théâtrothèque Demain

    par Jeanne-Marie Guillou

    La théâtrothèque
    Publié le 20 Juillet 2018

     

    Après le succès du Silence du miroir, première adaptation du recueil Théâtre décomposé ou l’homme poubelle, La Compagnie du petit matin nous revient avec leur auteur de prédilection et crée un nouveau spectacle adapté du même recueil. D’autres textes ont été sélectionnés pour donner vie à un nouveau personnage. Émanation de nouveaux textes courts, Bruno Abadie adapte, met en scène et interprète ce nouvel opus. Il triture, malaxe, pétrit et imbrique quelques-unes de ces nouvelles, jusqu’à recomposer un spectacle fluide et intelligent.
    Toujours obsédé par la peur de l’autre et l’angoisse de la solitude, idées maîtresses de son œuvre, Visniec nous entraîne vers des contrées plus poétiques ou l’imagination du spectateur est sollicitée. Le spectacle débute par les confidences d’un Homme chargé d’enterrer des morts. La description du lieu est-il un champ de bataille ? Le résultat d’une catastrophe nucléaire ? Un camp de la mort futuriste ? Il manie une machine appelée « ramasseuse enterreuse ».
    Tout est calculé, standardisé, informatisé et exécuté par la machine. L’Homme finit par abandonner ce métier de solitude et rentre chez lui. Un cheval blanc l’attend au pied de son immeuble et ne le quittera plus.
    D’abord inquiet de cette présence, puis troublé et enfin conquis, l’Homme partira pour un beau voyage avec l’animal. Sous le regard réprobateur des voisins, il goûtera à une sorte de liberté vite effacée. Le cheval est-t-il l’amour ? La délivrance ? L’évasion ? Le rêve ?…
    De retour à la triste et grise réalité, l’Homme tombera soudain dans la spirale d’une solitude absolue.
    Il se retrouve absolument seul au monde. Plus de bruits, plus de lumière, plus d’animaux, plus personne.
    Comment réagira l’Homme ? Qu’adviendra-t-il de lui ?…
    Entre poésie, angoisse et suspens, Bruno Abadie nous entraîne dans les méandres fantasmagoriques de
    l’Homme. Entre rêves fugaces et situations burlesques ou sordides, Bruno Abadie bénéficie d’une lumière
    crépusculaire, précise au millimètre près. La musique composée tout spécialement par Rébecca Féron, jouée
    à la harpe électro acoustique, donne une épaisseur et une vibration exceptionnelle à ce spectacle de grande
    qualité.

  • Critique Le 24h

    par Mélodie Fourcade

    Le 24h
    Publié le 12 Janvier 2018

     

    Un texte à l’humour ravageur, parfois caricatural, d’une humanité qui va mal.. ou qui n’est plus.

    Des écrits bruts, qui retracent de manière authentique la tragédie de l’exil.

    Une entrée en scène forte. Sur fond sombre, des « migrants », mis en lumière, fuient. Coups de feu, l’instant qui se ralentit : la dure réalité est exposée dès les premiers instants.

    Dans la pièce, on va ensuite sauter d’un tableau à un autre. Tantôt, on sera sur un bateau dirigé par une passeur. L’instant d’après, on sera dans le bureau d’un président, totalement déboussolé par la problématique de l’immigration. Changement de décor, des publicitaires apparaissent, avides des dernières technologies à la mode… et ainsi de suite.

    Les dialogues se suivent et se complètent, d’un cadre à un autre, épisodes qui s’enchaînent rapidement, pourtant représentatifs d’une vérité déconcertante.

    Sons et lumières ajoutent au suspens et à la gravité de ces instants de vie compliqués. Une réalité pesante, un trait grossi, mais pas moins avéré, qui opprime les gens nés, ou pas, sur la bonne partie du globe.

    « Nous sommes dans le même bateau« .

    Clap de fin.

    Succès fulgurant.

     

  • Critique Le Brigadier

    par Mathieu Arnal

    Le Brigadier
    Publié le 18 Janvier 2018

     » Plus qu’un coup de cœur : c’est une claque que j’ai reçue au Théâtre du Pavé à la vision de cette pièce tiré du dramaturge Matéi Visniec. La Cie du petit matin, dix ans après avoir monté EXILS, retrace en une trentaine de tableaux, l’itinéraire de ces réfugiés qui tentent de rejoindre l’Europe. La scénographie est volontairement dépouillée car la langue de Visniec, grinçante et cynique, se suffit à elle-même. Les médias diffusant l’info en continu et les spins doctors, ces fameux conseillers de l’ombre, en prennent pour leur grade, et à juste raison. Dans la galerie de personnages proposés, les scènes avec le personnage de Elihu sont l’acmé de cette inhumanité en marche où tout s’achète et où tout se vend.Au final, cette pièce qui provoque l’effroi et la rage, d’une urgente salubrité publique est à voir absolument. «